." Je fais irruption sur ce blog pour vous apprendre que Marion à eu un accident de voiture hier soir..."
Cet article aurai pu commencer comme ça !
Après avoir traversé la maison sur la pointe des pieds, je referme doucement la porte de ma chambre derrière moi. Tout est là, à sa place. Rien n'a bougé. Mes vêtements encore en boule sur mon lit. La bouteille d'eau ouverte sur mon bureau. Mon peignoir laissé là à l'abandon en sortant de ma douche. Tout est comme je l'ai laissé. J'ai encore les mains qui tremblent. Je pose mon sac dans un soupir de soulagement. Et si... avec des « si » je ne serai plus là. Je m'assois doucement sur le bord de mon lit, ma respiration commence à se calmer, je regarde autour de moi, et profite de chaque seconde qui s'écoule. Mes yeux sont grands ouverts. Pourtant en partant j'étais fatiguée. Je ne pensais qu'à ce moment là, celui où je rentrerais chez moi me glisser sous mes draps. Oui, je ne pensais qu'à ça. J'y pensais tellement que tout le reste est devenu insignifiant. La route, la vitesse, le virage. On dit qu'en une seconde tout peu basculer. Non, c'est faut. En faite, il faut beaucoup moin de temps que ça. Parce que comme dans tout ce que je fais j'ai manqué d'attention. Parce que je roulais à 90km heure au lieu de 50. Parce qu'il y avait un virage serré. Parce que ma voiture à décollé... Non. Rien à changé. J'aurai pu y resté et rien n'aurai bougé. Je suis sortie de la voiture un peu sonnée. Seule, ma voiture immobilisée en plein virage. 00H15. Il ne faut pas espérer voir passer beaucoup de voiture. Et mon LUI qui ne répond pas au téléphone. Je m'assois par terre à quelque mettre de là, j'ai encore la tête qui tourne. ça va, tout va bien, tu n'as rien. ça va, tout va bien, tu n'as rien. Ça va... les même mots que je répète sans cesse. Je sens une larme couler sur ma joue, je l'essuie rapidement d'un coup de main encore tremblante. Une voiture m'éblouie avec ses phares, elle ralentie et s'arrête quelque mètres plus loin. Un jeune homme arrive en courant. Il ma parle me fait des signes. Je le regarde sans vraiment le voir. Je l'entend sans vraiment l'écouter. On est rien. On est tout petit. Putain et dire que tout aurai pu se terminer ainsi. En passant devant la chambre de mes parents j'ai entrouvert la porte sans faire de bruit. Ils dormaient tous les deux paisiblement, sans se douter de rien. En les regardant j'ai eu envie de pleurer, en pensant à tout ceux que j'aurais laissé. Tout me parait alors sans importance: les examens, les élections... ce n'est que du vent. J'allume la télé pour retrouver un peu de mes repères. J'ai envie de pleurer. Je ressens le besoin de m'excuser. Pourquoi ? Auprès de qui ? Je sais pas. J'ai seulement envie de crier haut et fort que je suis désolé. Je me décide enfin à enlever ma veste. Elle est pleine de poussière. Je me regarde dans la glace, des trace noir de mascara recouvrent mes joues. Merde et si... avec des « si » je serai partie.
Je me décise enfin à me déshabiller.
" Cécilia partie la première..."Merde, avec tout ça j'ai filé mes bas...